30nov. 2025

Une baisse légère du nombre de contrats d'apprentissage signés en septembre 2025

Le mois de septembre représente traditionnellement plus de la moitié des contrats signés dans l'année. En septembre 2025, un peu plus de 444 800 nouveaux contrats ont été signés.
Et les chiffres publiés sont en baisse de -2.9% par rapport au mois de septembre 2024. mais sont restés supérieurs à ceux de 2023.

Une baisse plutôt faible au regard des indicateurs qui ont impactés l'apprentissage depuis le début de l'année 2025 : réduction du niveau de prise en charge du contrat, augmentation des charges sociales pour les apprentis, institution d'un reste à charge pour les formations de Bac+3 et +,...

Le nombre de contrats signés en 2025 à fin septembre s'affiche lui aussi en baisse "raisonnable" de -3.35 % par rapport au cumul de 2024 mais en hausse de +1.7% par rapport au cumul 2023 à la même date.

Des signaux qui vont certainement conforter le gouvernement et les parlementaires dans la réduction des aides à l'apprentissage dans le cadre du budget 2026.

Les discussions au Parlement donnent lieu à un Yoyo impossible à décrypter à ce jour. Pourtant tous les acteurs ont les yeux rivés sur les négociations pour scruter l'avenir de l'aide exceptionelle à l'embauche en contrat d'apprentissage et sur l'accentuation (ou pas) des charges sociales sur les salaires des apprentis.

A suivre.

02janv. 2025

Les modèles économiques des CFA

France Compétences a mandaté la cabinet Sauléa pour éaliser une étude sur les stratégies des acteurs de l'apprentissage depuis la réforme de 2018. Tour d'horizon des résultats de cette étude

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20déc. 2024

Une étude de France Compétences sur la hausse de l’apprentissage depuis 2018

L'expansion de l’apprentissage depuis 2018 : les points clés

Depuis la réforme de 2018, l’apprentissage en France a connu une croissance spectaculaire, portée par des changements structurels et financiers majeurs. Cette étude, publiée par France Compétences en octobre 2024, détaille les leviers de cette transformation, tout en identifiant des zones d’ombre et des défis persistants.

1. Une croissance marquée par différents facteurs

La réforme de 2018 a libéralisé le système d’apprentissage, auparavant piloté par les régions sous contrainte budgétaire.

  • Liberté de création : De nouveaux organismes de formation par apprentissage (OFA) ont vu le jour, diversifiant l’offre et augmentant la concurrence.

  • Aides financières : Des aides importantes ont été mises en place, notamment une aide exceptionnelle à l’embauche depuis la crise du Covid-19.

  • Extension des publics : L’âge limite pour accéder à l’apprentissage est passé à 30 ans, attirant de nouveaux profils.

Ces mesures ont entraîné une hausse de 150 % des contrats entre 2018 et 2022, une forte augmentation des entreprises utilisatrices (notamment les TPME) et une progression marquée de la part des filles dans les formations (+9 points entre 2017 et 2021).

2. L’impact des aides à l’embauche

En 2022, le financement global de l’apprentissage atteignait 18,2 milliards d’euros, partagé entre frais pédagogiques (44 %) et aides à l’embauche (43 %).

  • Effet positif : 56 % de l’augmentation des contrats est attribuée à ces aides. Les petites entreprises et les apprentis du supérieur en ont été les principaux bénéficiaires.

  • Limites : Malgré ce soutien, 79 % des entreprises n’ont pas recruté d’alternants en 2021, citant un manque de tâches adaptées ou une situation économique difficile. Peu mentionnent les coûts comme obstacle.

Certaines pratiques opportunistes émergent, avec des entreprises utilisant les alternants pour remplacer d’autres types de personnel.

3. La rentabilité et les stratégies des Organismes de formation en apprentissage (OFA)

Environ 60 % des OFA présentent un résultat excédentaire, mais 24 % sont déficitaires.

  • Optimisation des coûts : Les OFA cherchent à élargir leur public et à diversifier leurs activités (formation continue, professionnalisation) pour mieux répartir leurs charges fixes.

  • Augmentation des dépenses : Les tensions sur le recrutement des formateurs, l’évolution des profils d’apprentis et de nouvelles obligations réglementaires pèsent sur les coûts.

4. Des pédagogies de l’alternance inégales

Malgré les efforts pour rapprocher les enseignements académiques et les apprentissages en entreprise, de nombreuses failles subsistent.

  • Pratiques efficaces : Certains OFA proposent des espaces intermédiaires (ateliers, simulations, retours d’expérience) pour articuler théorie et pratique.

  • Suivi pédagogique : 50 % des entreprises n’ont que peu ou pas de contact avec leur OFA en dehors des débuts et fins de contrat.

  • Conséquences : Le taux de rupture des contrats reste élevé, atteignant 21 % en 2022, surtout dans le supérieur (+8 points depuis 2017).

Analyse critique de l’étude

Cette note d’étude fournit une analyse approfondie des impacts de la réforme de 2018. Toutefois, elle présente certaines limites :

  1. Données provisoires : De nombreux résultats restent préliminaires, notamment sur l’insertion professionnelle à long terme des apprentis.

  2. Focus sur les aspects positifs : L’accent est mis sur les succès quantitatifs, tandis que les critiques sur la qualité pédagogique ou les pratiques opportunistes des employeurs sont moins développées.

  3. Parti pris institutionnel : Émanant de France Compétences, une entité impliquée dans la régulation, l’étude pourrait manquer d’indépendance.

En conclusion, bien que la réforme ait permis une croissance indéniable de l’apprentissage, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour en améliorer la qualité, réduire les ruptures et assurer une insertion professionnelle durable pour tous les apprentis.